PUNKTE BY YVES
Quo vadis, art ?
Une prise de position
Grâce à l’art, dit-on dans les cercles de critiques et de théoriciens, on apprend quelque chose sur les fonctions et les états du monde. L’art rend le monde compréhensible. « L’art ne reproduit pas le visible, mais rend visible » : Cette phrase tirée du texte de Paul Klee « Confession créatrice » de 1920 caractérise bien plus qu’une simple œuvre ou une philosophie artistique. Derrière l’idée de l’art se cache une tentative de désigner une réalité au-delà de la réalité quotidienne, ce qui compte parmi les plus grandes promesses de l’art moderne. Cette attente m’a non seulement guidé, mais a également façonné le regard plein d’espoir d’une grande partie du public intéressé.
Paul Klee a tout de même tenté de répondre à cette attente – avec des tableaux empreints d’une poésie délicate et d’une philosophie profonde, grâce à un mélange d’imagination et de précision qui n’appartient qu’à lui, et en proposant un formidable jeu perceptif à l’œil du spectateur. Et c’est ce formidable jeu perceptif que je redécouvre sans cesse lors de mes conversations au sein et autour de la « Wunderkammer 5m² », et en particulier devant le « Carré noir ».
Les expériences esthétiques sont plus physiques, plus tactiles, plus précises, plus concrètes et aussi plus réflexives. Elles permettent une expérience totale. « C’est trop cool, je peux toucher ça ? », a demandé un jeune visiteur dans mon atelier, tout en essayant de poster sa localisation sur Instagram avec un selfie. C’est d’ailleurs le contrepoint émotionnel « total » d’une standardisation esthétique générée par les médias de masse. Il désignait le point. Et rien d’autre qu’un point. Ce point l’avait saisi, ou, comme on dit dans le langage des jeunes, l’avait « flashé ». Dans l'atelier étaient accrochées des œuvres modernes de pop art maritime, des impressions en couleur et des ébauches d'emballages de restauration rapide. Beaucoup de couleurs criardes. Rien qui ne le distrait ! C'était justement cette simplicité qui le fascinait. Et cette tache noire le fascinait autant que le « Carré noir » de Kasimir Malevitch m'avait fasciné, il y a de nombreuses années. Elle fut d’ailleurs présentée pour la première fois au public en décembre 1915, dans le cadre de l’exposition « Dernière exposition de peintures futuristes 0,10 » à l’ancienne Petrograd, et est considérée comme le point zéro de l’histoire de l’art du XXe siècle. Elle suscita alors l’indignation parmi les critiques d’art contemporains.
En même temps, elle symbolisait la liberté radicale de l’objet et le début d’un nouveau départ et de l’absolu. Mais que signifie ici « fascination » ? Il est certain que le public est fasciné par tous ces happenings, interventions et spectacles. Quant aux acteurs, ce sont sans doute plutôt les chances de gain qui les fascinent. L’investissement dans l’art est déjà promu par les banques, et pour cela, il n’est pas nécessaire d’être un amateur d’art. Et un adolescent insouciant, qui n’a peut-être pas encore été contraint de s’inscrire dans un canon par l’enseignement traditionnel de l’art, se retrouve soudain distrait par son univers numérique, médiatique et viral. Et c’est peut-être là un indice pour l’art contemporain, qui reste aujourd’hui encore un miroir de notre société, parfois même un miroir critique. Et cela, avec un point noir.
« Lorsque, en 1913, j’ai tenté désespérément de libérer l’art du poids des choses, j’ai exposé un tableau qui n’était rien d’autre qu’un carré noir sur un fond blanc… Ce n’était pas un carré vide que j’exposais, mais plutôt la sensation d’absence d’objet. » (Kazimir Malevitch)
Dans le monde de l’art actuel, on peut distinguer différents acteurs aux intérêts très variés : nous, les artistes, qui dépendons de plus en plus du marché et produisons déjà pour celui-ci ; les commissaires d’exposition, qui, en tant qu’acteurs de réseaux nationaux et internationaux, ouvrent de nouveaux marchés en collaboration avec les galeristes ; et enfin les acheteurs et collectionneurs, qui investissent dans le marché et génèrent des bénéfices grâce aux ventes. Dans tout cela, le grand public reste plutôt passif et n’est présent qu’en tant que spectateur. Il peut parfois admirer davantage le spectacle et la valse autour des prix spectaculaires que les œuvres pour lesquelles ils sont payés. Mais ce n’est là qu’un côté de la médaille.
Il ne faut toutefois pas oublier que l’art a trait aux positions, aux contenus, aux formes, aux couleurs et aux thèmes, mais surtout à la qualité et au savoir-faire. Et le visiteur de l’exposition doit en tout cas pouvoir en faire l’expérience grâce à une participation et une compréhension transparentes. Cela suppose une volonté de dialogue de part et d’autre. Enfin, l’art doit rester compréhensible pour le spectateur, sous une forme ou une autre. Et pas seulement le conservateur en amont, qui se présente lui-même comme un artiste et met en scène, par exemple, le « point noir » comme un jouet au gré de ses propres techniques d’accrochage et d’éclairage, pour aller droit au but. Pourtant, nous, les « artistes », devons nous attendre à ce que ce monde même que nous croyons devoir rendre visible n’intéresse personne et puisse, en fin de compte, faire l’objet de critiques radicales. Et les deux groupes – ceux qui transmettent l’information et ceux qui la reçoivent – doivent se confronter à cette réalité. Le discours sur la restriction de la liberté de l’art est, à mon sens, une mauvaise voie.
Der Verrat am Quadrat ist der Punkt. Oder genauer gesagt, „mal auf den Punkt gebracht!“
Hinter den Kulissen einer enthemmten Kunstwelt mit Rekordpreisen beginnt immer wieder eine erkennbare Debatte, „Wann denn die Blase KUNST platzt!“ Welchen Status hat sie überhaupt noch? Wird die Kunst von ihrem merkantilen Erfolg und ihrer radikalen Ökonomisierung bedroht? Oder „Ist die Kunst quasi am Ende?
Quo vadis, Kunst?
Eine Positionsmeldung
Durch die Kunst, heißt es in Kritiker- und Theoriekreisen, erfährt man etwas über die Funktionen und Zustände der Welt. Kunst macht Welt begreifbar. „Kunst gibt nicht das Sichtbare wieder, sondern Kunst macht sichtbar“: Dieser Satz aus Paul Klees Text „Schöpferische Konfession“ von 1920 charakterisiert mehr als nur ein Werk oder eine künstlerische Philosophie. Hinter der Idee Kunst steht ein Versuch eine Wirklichkeit hinter der Alltagswirklichkeit zu bezeichnen, die zu den größten Versprechen der Kunst der Moderne gehört. Diese Erwartung hat nicht nur mich geleitet, sondern auch einen Großteil des interessierten Publikums in ihrem Erwartungsblick geprägt. Paul Klee hat diese Erwartung immerhin versucht einzulösen - mit Bildern voll zarter Poesie und gedankenreicher Philosophie, mit einer nur ihm vertrauter Mischung aus Fantasie und Exaktheit, mit einem großen Wahrnehmungsspiel für das Auge des Betrachters. Und dieses große Wahrnehmungsspiel entdecke ich immer wieder bei meinen Gesprächen in und an der Wunderkammer 5m² und im Besonderen am „Schwarzen Quadrat“
Ästhetische Erfahrungen sind physischer, haptischer, genauer, dinglicher und auch reflexiver. Sie ermögliche volle Erfahrung. „Ist das voll geil, kann ich das anfassen?“ fragte ein jugendlicher Besucher in meinem Atelier, während er gleichzeitig seinen Standort mit Selfie bei Instagram zu posten versuchte. Das ist übrigens der „volle“ emotionale Kontrapunkt einer durch Massenmedien erzeugten ästhetischen Standardisierung. Er zeigte auf den Punkt. Und nichts als auf einen Punkt. Der Punkt hatte ihn ergriffen, oder wie man in der Jugendsprache formuliert, geflasht.
Im Atelierraum hingen moderne maritime Popart-Arbeiten, Farbdrucke und Entwürfe für Fast-Food-Verpackungen. Viel Grelles. Nichts, was ihn ablenkte! Es war der Punkt in seiner Einfachheit, die ihn faszinierte. Und ihn faszinierte der schwarze Fleck wie mich vor vielen Jahren das „Schwarze Quadrat“ von Kasimir Malewitsch. Es wurde übrigens zum ersten Mal im Dezember 1915 im Rahmen der Ausstellung „Letzte futuristische Gemäldeausstellung 0,10“ im damaligen Petrograd der Öffentlichkeit vorgestellt und gilt als Nullpunkt der Kunstgeschichte des 20. Jahrhunderts. Das Auslösen von Empörung unter den zeitgenössischen Kunstkritikern war die Folge.
Gleichzeitig symbolisierte es die radikale Freiheit des Gegenstands und der Beginn von Neubeginn und Absoluten. Aber was heißt hier Faszination? Sicher sind das Publikum von den ganzen Happenings, Interventionen und Spektakel fasziniert. Bei den Akteuren sind es wohl eher die Gewinnchancen, die faszinieren. Investment in die Kunst wird schon von Banken propagiert, und dafür muss man nicht unbedingt ein Kunstliebhaber sein. Und ein unbekümmerter Jugendlicher, der vielleicht noch nicht vom tradierten Kunstunterricht in einen Kanon gepresst wurde, ist plötzlich in seiner medialen und viralen Digitalwelt abgelenkt. Und das ist vielleicht doch ein Fingerzeig für zeitgenössische Kunst, die heute noch einen Spiegel unserer Gesellschaft, manchmal auch ein kritischer Spiegel darstellt. Und das mit einem schwarzen Punkt.
„Als ich 1913 den verzweifelten Versuch unternahm, die Kunst vom Gewicht der Dinge zu befreien, stellte ich ein Gemälde aus, das nicht mehr war als ein schwarzes Quadrat auf einem weißen Grundfeld … Es war kein leeres Quadrat, das ich ausstellte, sondern vielmehr die Empfindung der Gegenstandslosigkeit.“ (Kasimir Malewitsch)
Im heutigen Kunstbetrieb kann man verschiedene Akteure mit sehr unterschiedlichen Interessenslagen unterscheiden: wir, die Künstler, die sich immer mehr vom Markt abhängig machen und schon für den Markt produzieren, die Kuratoren, welche als nationale und internationale Netzwerker gemeinsam mit den Galeristen neue Märkte erschließen, und schließlich die Käufer und Sammler, die in den Markt investieren und durch Verkäufe Gewinne generieren. Das allgemeine Publikum ist bei alledem eher passiv und nur als Zuschauer präsent. Es mag manchmal das Spektakel und den Tanz um die spektakulären Preise mehr bewundern als die Werke, für die sie gezahlt werden. Aber das ist nur die eine Seite der Medaille.
Man darf dennoch dabei nicht übersehen, dass Kunst etwas mit Positionen, Inhalten, Formen, Farben und Themen zu tun hat und vor allem auch mit Qualität und Können. Und das muss der Ausstellungsbesucher in jedem Fall durch transparente Teilhabe und Erkenntnis erfahren können. Und das setzt Dialogbereitschaft auf beiden Seiten voraus. Und nicht zuletzt muss Kunst für den Betrachter in irgendeiner Form nachvollziehbar bleiben. Und nicht nur der vorgeschaltete Kurator, der sich selbst zum Künstler stilisiert und dabei den „Schwarze Punkt“ zum Beispiel als Spielball der eigenen Hänge- und Beleuchtungstechnik inszeniert, um es mal auf den Punkt zu bringen. Dennoch müssen wir „Künstler“ damit rechnen, dass genau diese Welt, die wir glauben sichtbar machen zu müssen, niemanden interessiert und letztendlich auch radikal kritisiert werden darf. Und damit müssen sich beide Gruppen, die Sender der Information und die Empfänger der Information auseinandersetzten. Der Diskurs über die die Einschränkung der Freiheit der Kunst ist aus meiner Sicht der falsche Weg.